The Roots Of Russian Communism par

Revue d’histoire ecclésiastique
par

Each volume issued in two parts, I. Articles, comptes-rendus et chronique; II. Bibliographie.

Les temps de la guerre froide
par Pierre Grosser

La chute du mur de Berlin a mis un terme à la guerre froide, même si nombre de structures et de comportements subsistent de cette période historique considérée comme révolue. Comment s’est-elle achevée ? Quels sont les signes à travers lesquels l’historien peut aujourd’hui déceler les prémices de sa fin ? En quoi cette guerre a-t-elle redéfini les relations internationales et l’équilibre des forces diplomatiques mondiales ? Pierre Grosser se livre ici à une étude du processus qui a abouti à la fin de cette guerre si particulière, produit à la fois des grandes évolutions communes à l’ensemble du globe, des politiques menées par le camp occidental et des processus internes spécifiques au monde soviétisé. Résolument transdisciplinaire, son étude s’appuie sur les conclusions les plus récentes de l’histoire diplomatique, éclairées sur certains points par la découverte des archives soviétiques, sur les travaux menés en sciences sociales et sur les études du fonctionnement du système international.

La Récidive. Révolution russe, révolution chinoise
par Lucien Bianco

L’accession de la Chine au rang de deuxième puissance économique mondiale confère une meilleure image à la révolution chinoise qu’à la russe. Elles ont pourtant presque tout en commun : la révolution chinoise a d’abord été une copie conforme de l’autre, Mao Tsé-toung ne connaissant guère le marxisme qu’à travers la vulgate de Staline. Puis il a pris conscience moins des vices de son modèle que de son inadaptation à un pays surpeuplé du tiers-monde. Mais au lieu de corriger le modèle, il a prétendu aller plus loin et plus vite dans le même sens. À la différence de la réplique d’un séisme, d’ordinaire moins catastrophique, le Grand Bond en avant est une réplique aggravée du premier plan quinquennal soviétique (1929-1933), conçu en fonction d’une fin rêvée sans tenir compte des possibilités. Et c’est en tournant le dos à la révolution que la Chine se développe à vive allure. Finalement, le panorama que fait ressortir Lucien Bianco de son étude est assez similaire : système politique, surexploitation de la paysannerie, entraînant les deux plus grandes famines du siècle, mise au pas des intellectuels, répression, camps. La comparaison entre Staline et Mao qui couronne le tableau le conduit à remonter jusqu’à Lénine et à faire sien le constat d’un historien chinois : “Autant que possible, le mieux est d’éviter de recourir aux révolutions.”

La Tragédie soviétique
par Martín Malia

Cet ouvrage d’un des meilleurs spécialistes de l’histoire russe est d’abord un récit global de l’évolution du communisme soviétique sur soixante-quatorze ans, des origines du système à sa fin. Il est surtout un essai d’analyse et d’interprétation du phénomène soviétique. Jusqu’à ces derniers temps, nous ne percevions ce phénomène qu’à travers une vitre obscure. Jusqu’à la fin ou presque, la réalité soviétique a été un secret bien gardé. Sa prétention à un universalisme socialiste faisait d’elle, pour le reste de la planète, un objet d’attraction ou de répulsion, également perturbantes. L’expérience soviétique étant désormais un chapitre clos de l’Histoire, le moment est venu de reprendre le phénomène communiste en Russie dans sa globalité et d’en rendre raison avec le réalisme et la sérénité de l’historien.

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