Question De Logiques ! par Jean B. Murhega

Essai de logique conceptuelle
par Jean B. Murhega

Aristote considère trois unités principales du langage: le mot, traduit une idée et se réfère à une chose, la proposition, attribue ou nie une qualité ou une action à un sujet et le raisonnement, enchaîne des propositions pour prouver quelque chose. De cela on a la logique du concept dont l’expression verbale ou écrite est le terme ou le mot, celle du jugement dont l’expression verbale ou écrite est la proposition, susceptible d’être affirmative ou négative et celle du raisonnement, dont l’expression verbale ou écrite est l’argument. Un raisonnement valide obéit aux lois femelles. Le syllogisme catégorique présente quatre figures dotées de quinze modes concluants, susceptibles d’être réduits aux modes de la première figure selon les règles appropriées. La conjonction et la disjonction sont des opérateurs générateurs des autres et leurs formes normales sont pertinentes.

Autour de Logiques des mondes d’Alain Badiou
par David Rabouin

La sortie de Logiques des mondes eut comme premier effet de surprendre ses lecteurs, et ceci, qu’ils soient de fervents adeptes du système ou des lecteurs plus distants, voire critiques. Alain Badiou, qui avait toujours proclamé l’opposition entre ceux qui prennent leur départ dans le corps, ou la ” vie “, et ceux qui prennent leur départ dans l’idée, ou le ” concept “, pour mieux marquer son appartenance au second camp et sa dépendance à l’héritage de la ” philosophie mathématique ” brunschvicgienne, mettait en effet clairement, avec son nouvel opus, un pied chez l’ennemi. L’événement, objet de toutes les attentions de ses lecteurs, est moins important, nous dit-il maintenant, que le corps qu’on peut construire à partir des vérités. Voilà qui avait de quoi interpeller non seulement les partisans, mais aussi ceux qui se croyaient confortablement installés dans le camp adverse. Ce livre témoigne d’un moment privilégié de questionnement où chacun, adepte de la première heure ou lecteur distant, se retrouva à essayer de comprendre comment le champ de bataille se trouvait à présent reconfiguré. Issu d’un colloque tenu les 25 et 26 novembre 2006 à l’ENS et à l’American University of Paris, ce recueil est le premier ouvrage consacré à Logiques des mondes (Seuil, 2006), second tome du grand oeuvre d’Alain Badiou : l’Etre et l’événement (Seuil, 1988). Rassemblant une génération de philosophes, acteurs et témoins du regain d’intérêt pour la pensée d’Alain Badiou à travers le monde, il entend à la fois ménager un accès à une oeuvre difficile et adresser un certain nombre de questions soulevées par l’évolution de la pensée de son auteur.

Tout dire ou ne rien dire Logiques du mensonge
par Jean-Michel Rabaté

Dans cet essai, Jean-Michel Rabaté montre que le mensonge est intimement lié au paradoxe, donc voué de manière structurelle à la contradiction, tant dans ses manifestations sociales que politiques et philosophiques. Pour expliquer et mettre en scène les paradoxes du mensonge, l?auteur prend comme point de départ le champ de la politique et des médias aux États-Unis, lieu où l?on observe une grande fascination pour ce thème. Il expose brillamment l?attitude de Clinton et de Bush face au mensonge privé ou d?État, avant d?aborder des cas célèbres de journalistes ou d?écrivains. Les témoignages de Steve Glass, Lauren Slater et, par l?intermédiaire du livre d?Emmanuel Carrère (L?adversaire), de Jean-Claude Romand apportent d?autres perspectives sur la pratique du mensonge. Celui-ci ne peut se réduire à une contradiction entre un certain discours et la réalité des faits. Il faut combiner d?autres critères pour comprendre les logiques du mensonge contemporain : il y a d?abord le test de la réalité, toujours indispensable, même si cela reste souvent un point d?indécidabilité ; il y a ensuite l?intention de tromper, sans laquelle, comme disait saint Augustin, on ne peut parler de mensonge puisqu?on peut toujours mentir en disant la vérité factuelle ; enfin, il y a le mensonge réflexif, c?est-à-dire l?erreur sur soi-même, la méconnaissance produite par l?inconscient qui sous-tend erreurs, lapsus et actes manqués. Il conclut de manière paradoxale sur l?affirmation conjointe de l?inévitabilité et l?inexcusabilité du mensonge. Jean-Michel Rabaté nous livre ici une belle synthèse, remarquablement claire, entre une réflexion politique et une interrogation philosophique.

Mouvements sociaux et logiques d’acteurs. Les ONG de développement face à la mondialisation et à l’Etat au Maroc.
par Bouchra Sidi Hida

L’analyse de la thèse repose sur une enquête de terrain montrant comment l’altermondialisme marocain se constitue à partir de débats, d’échanges, de solidarités et de mobilisations d’acteurs sociaux tant au niveau local que global. Dans le cadre de l’altermondialisme international, ce mouvement a émergé pour contrer une certaine mondialisation qui réduit l’être humain à une marchandise. Bien qu’il soit influencé par l’altermondialisme mondial, du fait même de son approbation de la charte des principes de Porto Alegre, son origine se situe dans l’ancrage historique du militantisme des acteurs sociaux l’ayant impulsé. Initié à ses débuts par des ONG de développement, ce mouvement rassemble une diversité d’acteurs sociaux (organisations associatives et syndicales, mouvements sociaux…), d’objectifs variés et de relations sociales multiformes convergeant vers l’altermondialisme qui se mobilisent dans les forums sociaux. Ces derniers constituent un espace de production, de reproduction et d’appropriation de l’espace public. La diversité des acteurs, des objectifs et des relations constituant l’altermondialisme nous amène à définir son identité comme étant plurielle et fluide. Par une approche sociologique qui se base sur l’analyse de ces acteurs à travers leurs rapports sociaux, l’étude a cherché à comprendre et à analyser les particularités de l’altermondialisme marocain. Cette approche permet de déterminer les formes de solidarités, les enjeux des altermondialistes, les adversaires et les alternatives proposées. Elle a, à travers l’analyse, mis aussi en exergue la lutte des acteurs altermondialistes, les méthodes de la contestation, le renouveau de l’action collective au Maroc et l’évolution dans le répertoire d’actions.


Penser la logique
par Gilbert Hottois

Cette introduction comporte deux grandes sections. La première comprend une présentation technique et théorique de la logique formelle, principalement – après une familiarisation avec la pensée logique – la théorie des fonctions de vérité et la logique des prédicats, ainsi que des éléments de logique non classique. La seconde section est d’orientation plus philosophique. Elle invite à réfléchir sur la logique et les problèmes de philosophie du langage qu’elle suscite à partir de Wittgenstein, Frege, Russell, Quine et Strawson. Réunies, les deux sections constituent une introduction technique, théorique et philosophique à la logique classique et à la philosophie du langage. Technique, parce qu’il s’agit d’introduire le lecteur à la maîtrise des outils de base. Théorique, parce qu’il s’agit de lui rendre compréhensibles les concepts fondamentaux – le vocabulaire – de la logique. Philosophique enfin, parce qu’il s’agit de l’inviter à réfléchir sur la nature de l’entreprise logique et sur ses limites, en relation avec la question du langage. L’ouvrage s’adresse aux étudiants universitaires ainsi qu’aux linguistes, philosophes, informaticiens, scientifiques intéressés par la logique et le langage. Plus généralement, un dessein de cet ouvrage est de contribuer au développement ou, du moins, à la sauvegarde d’une culture critique touchant aux fondements d’un aspect essentiel du monde où nous vivons : son ossature et sa dynamique techno-logiques.

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