Le Patrimoine : Précédé Des Extraits D’un Rapport De Prosper Mérimée par Nabila Oulebsir

Les Usages du patrimoine
par Nabila Oulebsir

Qu’est-ce que le patrimoine dans une société en quête de repères ? Quel passé celle-ci choisit-elle de privilégier dans sa lecture de l’histoire ? Dans le cas de l’Algérie, la notion de patrimoine accompagne un mouvement d’appropriation et d’identification où la sélection des objets et leur conservation jouent un rôle essentiel. L’auteur nous convie à suivre ce mouvement, depuis le premier sentiment à l’origine d’une conscience patrimoniale jusqu’à cette “Algérie latine” qu’exalte le moment du Centenaire, commémorant la conquête à grand renfort de manifestations, tandis que les revendications politiques qu’expriment les nouvelles élites autochtones, formées en majorité à l’école républicaine, présagent le déclin du temps colonial. La question du patrimoine en Algérie a toujours été un facteur d’échanges, de négociations, mais aussi de tensions entre les deux rives de la Méditerranée. Elle nous donne aujourd’hui l’occasion de reconsidérer, en même temps que le passé colonial de la France, le passé français de l’Algérie.

La Vénus d’Ille
par Prosper Mérimée

By Label AA-prod (Artmusiclitte) 2015: La Vénus d’Ille est une nouvelle fantastique de Prosper Mérimée, écrite en 1835 et publiée en 1837. L’histoire se déroule à Ille-sur-Têt, une petite ville des Pyrénées-Orientales.


L’écriture et le sacré
par Béatrice Barjon

Ce livre prolonge et approfondit les Collectifs Un autre Senghor (1999) et Sony Labou Tansi, le sens du désordre (2001) publiés dans la même collection de l’Axe francophone et méditerranéen du Centre d’étude du XXe siècle. Réunir des écrivains africains et antillais dans un même livre, c’est prendre au sérieux ce que Patrick Chamoiseau a souvent affirmé: il y a, entre eux, à la fois d’incontestables filiations en même temps que des problématiques culturelles et des poétiques très différentes. Le thème de l’écriture et du sacré permet de bien comprendre ces ressemblances et ces variations. Un premier contraste, classique, oppose Senghor à Césaire, le poète nostalgique du mythe et de l’épopée à celui des arrachements et des ruptures qui déchiffre le Sacré dans le cœur noir de la langue, dans les syncopes et les abruptions du rythme. Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau, quant à eux, s’ils ne renient pas l’héritage de la négritude, leur part africaine, comme ils disent, font face à un danger plus contemporain et, au fond, plus difficile à combattre : celui d’un tarissement possible de la « diversalité » du monde, d’un désenchantement (qui œuvre au cœur même du symbolique et de la langue). L’écrivain retrouve alors une vocation fondamentalement romantique, dans une attention constante à la poïesis du monde et des mots: expérience d’un Sacré que l’œuvre, sans cesse, réinvente, en une nouvelle alchimie rimbaldienne du Verbe.


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