Le Coup D’état De Chéri-Bibi par Jacques Migozzi

Le roman populaire en question(s)
par Jacques Migozzi

Le roman populaire a longtemps été négligé par la critique, condamné aux oubliettes de l’histoire littéraire par des procès expéditifs : cachez ces mauvais genres que je ne saurais voir. On s’est avisé depuis quelque temps que ce ” marginal ” occupait en fait une place centrale : au cœur de l’imaginaire collectif, au mitan de la socialité moderne et de la culture médiatique. Depuis l’explosion du roman-feuilleton jusqu’aux formes les plus récentes du récit paralittéraire, le roman populaire reste à (re)découvrir, dans sa richesse, sa variété, sa complexité. Procéder d’une part à un bilan épistémologique et méthodologique des études portant sur le roman populaire, après une décennie féconde de recherches en plein essor des deux côtés de l’Atlantique ; stimuler d’autre part des approches des fictions écrites de masse davantage appuyées sur les théories de l’institution de la littérature, davantage attentives aux pratiques culturelles de consommation de l’ère contemporaine : tel était le double objectif du Centre de Recherches sur les littératures populaires de l’Université de Limoges, lorsqu’il prit l’initiative d’organiser, en mai 1995, son 4ème colloque international : ” Le roman populaire en question(s) “, dont le présent volume rassemble les Actes. Dans une optique résolument interdisciplinaire, des chercheurs ont tenté ici de traquer le roman populaire dans tous ses états : dans la permanence de ses mythes et de ses stéréotypes comme dans sa plasticité transmédiatique ; dans ses séries, ses cycles et ses genres ; dans son oscillation permanente entre le ludique et l’édifiant ; dans son positionnement au sein du champ littéraire comme dans ses pratiques de lecture, boulimiques ou nonchalantes… Le chantier est immense : il appelle une réflexion collective de longue haleine fondée sur des coopérations actives au sein d’un réseau international de chercheurs en littératures et cultures populaires, dont ce volume est le signe annonciateur.

Être brigand
par Benoît Garnot

Le brigandage peut être défini comme une forme de professionnalisation du crime, parfois individuelle, souvent collective. Il inclut les bandits de grand chemin, évidemment, mais aussi les contrebandiers, les escrocs, la pègre urbaine, ainsi que les diverses formes de criminalité accompagnées de violence, à condition que l’appât du gain soit leur motivation principale. Il culmine dans ce qu’on a pris l’habitude d’appeler aujourd’hui le « crime organisé », appellation récente, certes, mais qui recouvre une réalité multiséculaire.
Les brigands sont présentés ici dans l’espace français, du Moyen Âge à nos jours. Pendant cette longue période, ils ont évolué à l’instar de la société environnante, dont ils n’ont jamais cessé de faire partie, d’une manière ou d’une autre, puisqu’ils en sont issus et puisqu’ils vivent d’elle. Brigands imaginés, brigands réels, brigands en action, brigands en justice, sont les thèmes abordés successivement, tels qu’ils ont été renouvelés par l’historiographie récente.
L’ouvrage s’enrichit aussi de nombreux documents d’époque, d’une bibliographie et d’un glossaire.

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