La Circulation Des Savoirs. Interdisciplinarité, Concepts Nomades, Analogies, Métaphores par Frédéric Darbellay

La circulation des savoirs
par Frédéric Darbellay

Dans notre société de communication, de connaissances mobiles et d’incertitude, la production et la diffusion des savoirs scientifiques connaissent une accélération particulièrement marquée. Les savoirs s’entrecroisent en dépassant les frontières entre les disciplines des sciences humaines et sociales et des sciences naturelles, de la vie et des technologies. Comment des concepts, des théories ou des méthodes circulent, s’échangent, s’empruntent, se transfèrent et se transforment dans le passage d’une discipline à l’autre ? En quoi cette pratique interdisciplinaire est-elle une plus-value créative dans la production de connaissances nouvelles pour comprendre des problèmes impossibles à résoudre à partir d’un seul regard discipliné ? Ce livre est un appel au dépassement des frontières arbitraires entre les communautés disciplinaires, un appel à la créativité scientifique sous contrainte de rigueur et une heureuse contribution à un nouveau style de pensée interdisciplinaire.

Matières à penser les humanités
par Nella Arambasin, Augustin Lefebvre

Comment penser de nouveau les humanités ? Les articles regroupés ici répondent à cette question à partir de l’archéologie, de l’épistémologie, des langues étrangères appliquées, de la traductologie, du droit international ou de la sociologie de l’art. Il ne s’agit pas de démontrer la validité d’une théorie mais de mettre à l’épreuve les catégories de pensée de chaque démarche scientifique, qui avec ses outils propres rend compte de l’indéterminisme des frontières disciplinaires. Cette indétermination ouvre l’espace heuristique d’une rencontre avec d’autres disciplines.

Disciplines académiques en transformation
par Adriana Gorga , Jean-Philippe Leresche

Que sont devenues les disciplines académiques à l’heure de la globalisation scientifique, de l’hyper-spécialisation des savoirs et de l’interdisciplinarité ? Comment des champs disciplinaires émergent-ils ou se reconfigurent-ils, à partir de quels acteurs, orientations, ressources, discours et référentiels et comment d’autres tendent-ils à s’affaiblir, voire peut-être à disparaître… ou à résister et à se développer ? Dans cet ouvrage, les disciplines sont abordées à la fois comme instances de savoir et comme des institutions de contrôle social et politique. Elles constituent des lieux de pouvoir et de reproduction du pouvoir qui se manifestent autant à travers l’innovation scientifique et pédagogique que les résistances institutionnelles. Comme lieux traditionnels de reproduction des savoirs, les universités sont en partie structurées par les disciplines à travers notamment leur organisation, la gestion des carrières académiques, la production des plans d’études, la délivrance des diplômes ou les logiques et supports des publications. A partir de divers points de vue disciplinaires (sociologie, sciences de l’éducation, science politique et histoire), cet ouvrage cherche à entrer dans la « black box » des disciplines académiques à partir de quatre lieux d’observation principaux (gouvernance universitaire, recherche scientifique, pratiques curriculaires et pédagogiques et travail académique) choisis dans de nombreux pays (Belgique, Chine, Danemark, Espagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Norvège, Portugal, Suisse).

Avec des contributions de : Jean-Émile CHARLIER, Sarah CROCHÉ, Frédéric DARBELLAY, Farinaz FASSA, Anne-Vaïa FOURADOULAS, Priska GISLER, Gaële GOASTELLEC, Adriana GORGA, Sabine KRADOLFER, Monika KURATH, Denis LEMAÎTRE, Jean-Philippe LERESCHE, Séverine LOUVEL, Marte MANGSET, Martina MERZ, Enrico NATALE, Marianne NOËL, Catherine PARADEISE, Christophe PÉBARTHE, Cristina SIN, Miguel SOUTO LOPEZ, Jean-Claude THOENIG, Dominique VINCK


Le manège du temps
par Bernard Ancori

 Les acteurs de nos sociétés disent ressentir un phénomène d’accélération du temps qui déboucherait paradoxalement sur un présentisme où coïncideraient passé, présent et avenir. Ce présentisme ferait définitivement table rase du passé comme champ d’expériences, et il ne garderait de l’avenir comme horizon d’attente que la promesse d’une répétition sans fin. Tout en étant immergé dans cet éternel présent, personne n’aurait plus de temps à soi.

Cette sensation d’accélération du temps se conjugue ainsi paradoxalement à une parfaite immobilité. Le manège du temps traite ce paradoxe dans le cadre d’une théorie de la connaissance centrée sur l’analyse de la structure et de l’évolution de l’espace-temps d’un réseau sociocognitif complexe d’acteurs individuels. Située dans la perspective des systèmes naturellement complexes, cette théorie adopte un monisme radical où l’esprit et le corps sont deux aspects d’une seule et même chose. Elle précise que l’accélération du temps vécu n’est que l’une des trois trajectoires possibles de ce réseau, et qu’un tel phénomène n’a rien d’inéluctable.


D’un seuil à l’autre
par Jacqueline Bergeron, Marc Cheymol, Collectif

Pourquoi, comment franchissons-nous les seuils?

La question des seuils interpelle nombre de disciplines. Elle est posée à la fois par les sciences exactes et par les sciences humaines, au centre des notions qu’elles définissent, et même dans les rapports qu’elles entretiennent. Parce qu’ils nous confrontent à chaque instant à une expérience de la limite et de l’identité, les seuils nous renvoient, dans le domaine culturel, à une pratique collective et à une forme de «revenir chez soi». 

Reconnaître les seuils, les respecter ou les franchir, aller plus avant dans l’intime de cet «entre-deux» ou encore s’y tenir, contribue à l’élargissement d’un commun insoupçonné. Si la notion de seuil semble porter en elle l’idée de clôture, c’est tout l’inverse quand on l’aborde sous la multitude des angles qui peuvent la définir. 

Cet ouvrage montre qu’il y a une infinité de manières d’aborder les seuils et qu’on n’en a jamais fini de les traverser. Que ce soit dans la vie quotidienne ou dans la pratique religieuse, dans la réflexion philosophique, historique ou géographique, linguistique ou pédagogique, sociologique ou anthropologique, juridique ou scientifique, la pensée du seuil nous oblige à revoir nos représentations premières, qui s’enrichissent de nouvelles découvertes aux moments de son passage.


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