Gemmes, Verre Coloré, Fausses Pierres Précieuses Au Moyen Age : Le Quatrième Livre Du par Anne-Françoise Cannella

Gemmes, verre coloré, fausses pierres précieuses au Moyen Âge
par Anne-Françoise Cannella

Au centre de cette étude, se trouve un ouvrage inédit : le quatrià ̈me livre du “Trésorier de philosophie naturelle des pierres précieuses” du chroniqueur liégeois Jean d’Outremeuse (fin du XIVe sià ̈cle). A la fois lapidaire et livre de recettes consacré pour l’essentiel à l’une des formes les plus passionnantes mais méconnue de l’art du verre – la fabrication des fausses pierres précieuses – , resté inédit bien que rédigé par le plus célà ̈bre des auteurs liégeois médiévaux, enfin, entouré de mystà ̈re pour son origine comme pour le contexte de sa rédaction, ce Trésorier méritait bien une étude approfondie. L’ouvrage aborde successivement dans la premià ̈re partie, la vie et l’oeuvre de Jean d’Outremeuse, la présentation du Trésorier et l’histoire de ses manuscrits ainsi que l’évolution de la littérature de recettes à travers les sià ̈cles incluant un tableau récapitulatif d’une centaine de sources manuscrites et imprimées liées au sujet. Dans la deuxià ̈me partie, aprà ̈s un historique de l’imitation des gemmes, les recettes proprement dites de coloration et de traitement du verre, destiné à imiter les pierres précieuses et leur analyse technique sont livrées. Enfin, dans la troisià ̈me partie, une étude est consacrée au contexte de parution du Trésorier, à ses sources, sa rédaction, à la transcription du texte et à son édition.

Le vitrail et les traités du Moyen Âge à nos jours
par Karine Boulanger, Michel Hérold

De tous temps les artistes ont cherché à transmettre leurs réflexions théoriques et leurs savoir-faire. Les traités en sont la forme la plus aboutie, certainement la plus durable. Si les grands ouvrages de Vitruve, d’Alberti ou de Serlio jalonnent l’histoire des arts, les travaux de moindre portée, manuels pratiques, livres de recettes composent une littérature souvent négligée.
Les historiens du vitrail ont entrepris avec succès l’étude de ces ouvrages. En 2006, le XXIIIe colloque international du Corpus Vitrearum a pour la première fois permis de confronter les connaissances, les méthodes et les conclusions des chercheurs.
La prise en compte de l’ensemble des ouvrages que l’on peut désigner par le mot « traité » a permis à elle seule de nombreuses découvertes et en a fait des sources désormais incontournables. Elles se prètent à des analyses aussi diverses que stimulantes, commentaires historiques et critiques, analyses expérimentales des données techniques etc. Une voie est ainsi ouverte vers une connaissance plus complète du vitrail et vers une évaluation nouvelle de sa place parmi les autres arts.

“Faire justice” dans le diocèse de Liège au Moyen Âge (VIIIe-XIIe siècles)
par Julien Maquet

Based on critical documents, the goal of this book is to try to rebuild the way of the exercise of justice in the diocese of Liege during the Middle Age (8th-12th c.). All kinds of courts are analyzed: “ordinary” courts (episcopal synod, dean courts, parish synods, noble and monastery courts, local courts) and “extraordinary” courts (pontifical, archiepiscopal, royal and ducal courts). A chapter is also related to non jurisdictional ways of resolution of conflicts (faida, flagrant offense, conciliation/mediation/arbitration). Four annexes include the different kinds of proofs, the different kinds of penalties, the list of the episcopal synods and the dean districts. French text.

Gemmes, pierres, métaux, substances utiles
par Philippe Bouysse, François Girault

” C’est quasi le mesme de converser avec ceux des autres siècles, que de voyager ” écrivait Descartes en 1637, dans le Discours de la méthode. “Ceux des autres siècles” : … pèlerins, commerçants, explorateurs, voyageurs, naturalistes, savants, philosophes, historiens, théologiens, religieux, encyclopédistes, compilateurs, médecins, joailliers, apothicaires, chimistes, physiciens…personnages de l’Antiquité, du Moyen Age, de la Renaissance, de l’époque moderne… Grecs, Romains, Perses, Berbères… juifs, chrétiens, musulmans… Que représentaient pour eux ces pierres que l’on qualifiait encore récemment de précieuses, comment les trouvaient-ils, quelles propriétés leur attribuaient-ils, quel commerce en faisaient-ils ? Comment travaillaient-ils les métaux et les matériaux que nous appelons “utiles” ? A défaut de ” converser ” avec eux, c’est par leurs récits, leurs réflexions, parfois leurs aventures, et même leurs querelles, que nous découvrirons comment ont été considérés, au cours du temps, les gemmes, les métaux, et les pierres ornementales. Au Moyen Age occidental, l’imaginaire chrétien s’est nourri de récits (chansons de geste, Roman d’Alexandre, voyage de Brendan, lettre du prêtre Jean, Le Devisement du Monde, de Marco Polo…) relatant l’existence, en Orient, de fabuleuses et paradisiaques splendeurs. Ces textes sont revisités dans leur contexte historique et (ou) géopolitique pour découvrir le Monde que connaissaient ou que concevaient nos ancêtres. Sont évoqués, au passage, quelques grands mythes et légendes qui sont attachés à ces gemmes et autres matériaux. Suivre leurs pas en ne négligeant pas, à l’occasion, les atouts de l’étymologie, éclaire les grands échanges commerciaux dans l’histoire, et l’évolution de nos connaissances dans bien des domaines : géographie, sciences de la nature, arts du feu, chimie, médecine… En annexe, sont rappelées les caractéristiques minéralogiques, géologiques et minières, ainsi que leurs propriétés et utilisations, des 47 substances examinées dans cet ouvrage.

Remy Belleau et l’art de guérir
par Jean Braybrook

This book fills a gap in the market as it ranges over the whole of Belleau’s work, rather than concentrating solely on La Bergerie or Les Amours et nouveaux eschanges des pierres precieuses. It starts by asking why a group of doctors produced a French edition of Belleau in 1945. It moves on to consider sickness and healing in Belleau’s work, studying the comedy, La Reconnue, and the macaronic poem, the Dictamen metrificum, alongside the better-known texts. Throughout, it emphasizes the importance of the political and religious background of the time. A miraculous stick that Belleau describes in La Bergerie is seen in the first chapter of L’Art de guérir as a symbol of therapeutic powers. The second chapter considers love and the poet’s debt to other writers, such as Sappho or Ficino (Belleau was erudite and eclectic). Les Amours de David et de Bersabee is the focal point of Chapter 3; once again one sees the corrosive powers of love, and the ability of poetry and music to transform suffering into beauty. Mention is made of the various academies, which were important in Belleau’s development. Chapter 4 traces the motif of illness in La Reconnue and links it to religious turmoil. This connection is even clearer in the Dictamen metrificum de bello huguenotico, a strange, savagely humorous text (Chapter 5). Chapter 6 concerns Belleau’s poems on precious stones, surely the pinnacle of his achievement. In those, therapy is an explicitly articulated motif, while religious faith is crucial. The conclusion suggests parallels with writers such as Saint Augustine, Rabelais, Du Bellay and Montaigne.


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