Dictionnaire Étymologique Des Noms De Rivières Et De Montagnes En France par Jean Pierre Levet

Feuille de philologie comparée lituanienne et française
par Jean Pierre Levet

Ce sixième volume de la Feuille contient plusieurs études portant sur l’étymologie eurasiatique et indo-européenne, la linguistique comparée du français et du lituanien contemporains, la lexicologie comparée lituanienne, française, japonaise et chinoise. A ces travaux linguistiques s’ajoutent deux études spécifiquement consacrées à la société et au pays lituaniens.

Les noms des lieux en France
par Stéphane Gendron

Les noms de lieux ont une histoire que la toponymie a pour but d’expliciter. Ils sont, d’une part, les précieux témoins linguistiques des relations entre l’homme et son milieu, retraçant par exemple ses efforts incessants pour mettre en valeur la terre, maîtriser la nature, développer les industries locales. Ils sont également les vestiges de certaines pratiques culturelles et cultuelles, et ont parfois conservé le souvenir d’une peuplade qui occupait un territoire, du fondateur d’une cité, ou du propriétaire d’un domaine. Inscrits dans le temps, les noms de villes et de villages, de régions, de montagnes et de rivières, et même de parcelles appartiennent à une langue et un espace géographiques donnés (gaulois, gallo-romain, germanique, français ou langue régionale). Nos cartes actuelles, riches de ces superpositions, deviennent des livres d’histoire à découvrir, à parcourir. Le mode d’emploi de cette branche de la linguistique nous est fourni ici, afin que nous puissions comprendre comment elle s’est progressivement élaborée et constituée en tant que domaine de recherche spécifique, avec ses exigences propres, ses méthodes, ses outils, ses débats et ses relations avec d’autres disciplines (histoire, archéologie, etc.).

Espace représenté, espace dénommé
par Jean-Charles Herbin, Michel Tamine

“Qu’ils soient récents ou parvenus jusqu’à nous à travers les millénaires, les toponymes constituent, aussi bien dans notre mémoire que notre vie quotidienne, l’un des aspects les plus fascinants du patrimoine immatériel de l’humanité. Textes issus d’un colloque tenu à Reims en octobre 2005 sur les thèmes de la géographie, la cartographie et la toponymie.

Les noms du paysage alpin
par Hubert Bessat, Claudette Germi

Après avoir exploré les Lieux en mémoire de l’Alpe auprès des occupants de la montagne qui souvent parlent encore le patois, Hubert Bessat et Claudette Germi proposent un atlas toponymique du versant français de l’arc alpin. Une centaine de cartes, essentiellement consacrées au relief et à l’eau, situent les toponymes les plus répandus dans cet espace qui appartient à deux domaines linguistiques : le francoprovençal et l’occitan alpin. Ces cartes ont été réalisées d’après les cadastres et complétées, selon la démarche chère aux auteurs, par des enquêtes minutieuses auprès de ceux qui gardent encore en mémoire les noms de lieux rayés des cartes à la suite des grands équipements du territoire. Chacune des cartes toponymiques est accompagnée d’un commentaire et souvent d’une carte dialectale destinés à mettre en lumière le lien entre toponyme et parler local. Par exemple, les toponymes Lanche, Lantse, Lans, parfois écrits Lance et que le patois désigne par lanste-lansi (à ne pas confondre avec le terme lance en français), se réfèrent à des terrains escarpés en montagne, à des bandes de terrain allongées et en pente. Ainsi au fil des pages le voile se lève sur le sens de nombreux noms de lieux, qui souvent échappe au promeneur contemporain.

Les Alpes & leurs noms de lieux
par Paul-Louis Rousset

Durant des millénaires, l’homme nomade ne laissa sur les territoires qu’il traversait que de très fragiles empreintes matérielles. Les noms qu’il donnait aux montagnes, aux plaines et aux rivières étaient plus éphémères encore, ils disparaissaient parfois avec la trace de ses pas. Mais un jour, stoppant ses marches forcées, il se sédentarisa. La vie de son bétail, et donc la sienne, ne dépendait plus de longues migrations qu’il fallait accomplir à tout prix. I1 se mit à vivre toute l’année sur un même pays. A partir de ce moment, ” disant ” dans sa langue les choses comme il les voyait, il donna, sans tout à fait s’en rendre compte, les premières appellations durables à tous les lieux qui étaient autour de lui. De générations en générations, ces mots, devenus ” expressions consacrées “, ont parfois été usités pendant des millénaires. Les plus anciennes cultures issues du Proche-Orient s’éteignirent, d’autres venues de l’Est, du Nord ou du Sud apparurent, mais les nouveaux arrivants, tout en rajoutant leurs propres désignations, ne firent souvent que traduire ou répéter ce qu’avaient dénommé leurs devanciers. Aujourd’hui, pour le grand public, cet héritage linguistique n’est plus qu’une énigme indéchiffrable. En montagne, où le milieu fut toujours mieux protégé des influences extérieures, ce précieux patrimoine est particulièrement bien conservé. Parmi les sciences humaines, la toponymie est l’une des mieux qualifiées pour nous aider à reconstituer certains aspects du plus ancien passé de nos civilisations. Elle nous raconte ici une très vaste et authentique Histoire des Alpes et des Alpins, demeurée jusqu’à nos jours presque inconnue. Un travail original et inédit de linguistique et d’histoire sur les plus anciens noms de lieux français, suisses et italiens des Alpes occidentales, ainsi que de toute la région qui s’étend des bords du Rhône à ceux du Pô, du Pays de Vaud et du Valais à la Méditerranée. Combien de fois ces dénominations n’ont-elles pas étrangement résonné dans nos oreilles ? Nous en employons un petit nombre chaque jour, mais des centaines d’autres sont inscrites dans notre mémoire et toutes ou presque nous posent problème ! Pourquoi ces noms bizarres… que veulent-ils dire ? Depuis combien de temps ces montagnes, ces rivières, ces villages s’appellent-ils de cette façon ? S’agit-il de langages ? A quels peuples ont-ils appartenu, de quelle partie du inonde seraient-ils venus ?… En réalité la plupart de nos noms de lieux sont des restes fossilisés, témoins d’anciennes civilisations disparues. Marques indélébiles souvent laissées par les premiers occupants, elles sont encore capables de nous apprendre qui fonda, bien avant les Gaulois et les Latins, les premières sociétés du pays où nous habitons. Un livre qui nous aide à mieux saisir notre environnement et à mieux connaître nos origines. Au-delà de notre appartenance à une nation, il nous apporte un nouvel éclairage sur nos véritables racines, celles qui contribuèrent à façonner notre identité régionale.

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