Axes [No 69] Du 23/06/1939 – Gaston-Martin / Un Recidiviste – Le Point De Vue De Varsovie – Paul Rives / Bilan… par Pablo Montoya, Jean-Marie Saint-Lu

Triptyque de l’infamie
par Pablo Montoya, Jean-Marie Saint-Lu

La découverte de l’Amérique, les guerres de religion, la création artistique et les convulsions du XVIe siècle constituent la toile de fond de la vie de Jacques Le Moyne, cartographe, François Dubois, peintre, et Théodore de Bry, graveur. Confrontés aux grandes découvertes, aux exterminations et à la violence s’exerçant au nom de la foi, ils sont les témoins privilégiés de leur temps, de ses grandeurs et de ses iniquités, dont ils essaient de rendre compte selon leur singularité et leur désarroi.Dans ce texte foisonnant et poétique, Pablo Montoya livre une puissante réflexion sur l’acte créatif et sa capacité à faire surgir la beauté du chaos.
Pablo Montoya est écrivain et professeur de littérature à l’université d’Antioquia. Il a publié de nombreux romans, contes et essais. Triptyque de l’infamie a reçu le prix Romulo Gallegos en 2015.

Structures innovantes en bois
par Yves Weinand

Holz wird meist als “traditioneller” Werkstoff wahrgenommen. Seine Materialeigenschaften ermöglichen längst jedoch die Gestaltung von Freiformen und hochkomplexen Strukturen.

Das ursprünglich von Julius Natterer gegründete Holzlabor der ETH Lausanne erprobt heute unter der Leitung von Professor Wienand mit digitalen Berechnungs- und computergestützten Bearbeitungsmethoden die Herstellung von Origami-Strukturen, Rippenschalen, Gewebestrukturen und gekrümmten Paneelen.
Diese Forschungsergebnisse werden in Prototypen erprobt, die so die Anwendungsmöglichkeiten für großmaßstäbliche Holzbauten anschaulich machen. Durch dieses Ausloten bislang ungenutzter Potenziale des Baustoffs Holz bietet dieses Buch einen spannenden und inspirierenden Ausblick auf eine neue Generation von Holzbauten.


Au fil du Monde
par Jean-Marie Colombani

Par définition, un journal quotidien est éphémère. Il se jette aussitôt lu. Le Monde, en ce sens, n’est pas un journal comme les autres : on le garde. C’est sans doute qu’il permet, mieux que d’autres, de se situer, de se repérer dans un monde qui est au contraire censé avoir perdu ses repères. Au-delà du flot des informations quotidiennes, qu’il hiérarchise et contextualise au mieux, il prend position. Pendant treize ans, il m’est revenu la charge d’incarner et de définir ses prises de position, ses engagements. Ils permettent, au fil des ans, de relire l’histoire immédiate. La période qui est ici rythmée, plus que relatée, dans mes éditoriaux couvre les années 1994 à 2007 : rien moins que le tournant d’un siècle, la fin définitive de la guerre froide et la brève illusion d’un ” nouvel ordre mondial “, l’entrée dans une période dominée par le terrorisme international, hantée par un possible conflit de civilisations ; l’avènement d’une ” Union européenne ” élargie, substituant au glacis soviéto-russe une aire de liberté et une promesse de prospérité pour une Europe qui n’est plus l’ ” Europe de l’Ouest” ; et en France, le passage de l’ère mitterrando-chiraquienne à une nouvelle page, celui d’une génération à une autre, d’une société à une autre, plus diverse dans sa composition comme dans ses aspirations.

La colonisation nouvelle
par Marcel Dorigny, Bernard Gainot

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle s’est développée une puissante remise en cause du système colonial hérité des trois siècles ayant suivi les fameuses « grandes découvertes ». Les contestations de ce système portaient notamment sur l’archaïsme du système des compagnies à monopoles et sur l’Exclusif commercial imposé par les différentes métropoles, ainsi que sur l’aspect violent et inhumain de l’esclavage et plus encore de la traite négrière, vivement critiqués par les “philosophes”. De ces vives critiques sont nés les fondements théoriques et les tentatives de mise en acte de ce qu’il convient d’appeler la « Colonisation Nouvelle », qui s’étend des années 1770 aux années 1830.

Le Procès de Shamgorod, tel qu’il se déroula le 25 février 1649
par Elie Wiesel

Shamgorod, village perdu d’Europe centrale, au tournant d’un siècle. En ce jour de Pourim – la fête des fous, des enfants et des mendiants, où tout le monde s’amuse, s’enivre et rêve d’un monde meilleur -, trois comédiens ambulants s’installent à l’auberge pour divertir la communauté juive. Mais il n’y a plus de communauté juive à Shamgorod : un pogrome l’a récemment décimée. Plus de spectateurs, donc, pour le Pourimschipel, le ” jeu de Pourim “, sinon l’aubergiste et sa servante.

La farce commence pourtant. Mais, dans ce climat de violence, de haine et de mort, voici qu’aux rires succèdent peu à peu l’angoisse, le doute et la colère contre un Dieu incapable de défendre ses enfants. Le jeu de Pourim devient procès. Qui donc est coupable ? Que sont les accusateurs et qui se proposera pour défendre Dieu ? Quant au verdict, de toute façon, il ne vaudra rien au moment où s’annonce un nouveau massacre.

Fêtes et tueries, farce de villages et tragédie du destin juif, réquisitoire passionné alors que la mort s’approche, foi et pessimisme : ces éléments contradictoires envahissent tour à tour cette œuvre dramatique dont l’auteur rappelle ainsi la genèse : Au royaume de la nuit, j’avais assisté à un procès bien étrange. Trois rabbins érudits et pieux avaient décidé un soir d’hiver de juger Dieu du massacre de ses enfants. Je me souviens : j’étais là et j’avais envie de pleurer. Seulement là-bas personne ne pleurait. “


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