Adieu À L’amitié : Hemingway, Dos Passos Et La Guerre D’espagne par Stephen Koch

Adieu à l’amitié
par Stephen Koch

1936 : la guerre d’Espagne éclate. Pour certains, c’est le ” grand soubresaut historique ” que les intellectuels du monde entier attendaient depuis longtemps – le point culminant de la lutte opposant la droite fasciste, incarnée par le général Franco, à l’extrême gauche, menée par le gouvernement espagnol élu. Mais d’autres, à l’image de John Dos Passos, chantre de la Vérité et du modernisme, s’aperçoivent bientôt que les choses ne sont pas si simples – surtout dans la mesure où le Front populaire est financé et noyauté par le Komintern. A la mort de son grand ami Jose ” Pepe ” Robles, professeur et agent de liaison à la solde des autorités soviétiques, accusé de trahison et fusillé, ” Dos ” remuera ciel et terre pour dénoncer l’injustice et enrôler son entourage dans le combat – en particulier Hemingway. Mais pour ” Hem “, la guerre représentait une expérience indispensable au regain de sa santé artistique et émotionnelle. Dans cette fresque historique magistrale, Stephen Koch nous conte les splendeurs et misères d’une époque fascinante, qui vit le monde s’embraser et deux des plus grands noms des lettres américaines se déchirer, une époque où l’Histoire pouvait encore briser les coeurs.

Au Rendez-vous des Mariniers
par Frédéric Vitoux de l’Académie Française

C’est l’histoire d’un restaurant populaire dans l’île Saint-Louis, où l’on prenait ses repas à même le marbre des tables et où la patronne présentait l’addition sur une ardoise. Son enseigne ne trompait pas : Au Rendez-vous des Mariniers…Au 33, quai d’Anjou, s’y donnèrent rendez-vous, de 1904 à 1953, les habitants du quartier, les patrons des péniches amarrées sur les berges et les blanchisseuses des bateaux-lavoirs tout proches…Nombre d’écrivains et d’artistes y trouvèrent aussi refuge et s’en firent souvent l’écho dans leurs œuvres – de Jean de la Ville de Mirmont à Picasso, de John Dos Passos à Pierre Drieu la Rochelle, d’Hemingway à Aragon, de Simenon à Blaise Cendrars, etc. Et c’est encore là que dînèrent, un soir de mars 1933, François Mauriac et Louis-Ferdinand Céline – une rencontre entre deux romanciers que tout opposait !Frédéric Vitoux s’attarde en leur compagnie. Tout comme il fait revivre les trois propriétaires successifs de l’établissement, dont le destin n’est pas sans résonances avec celui de sa propre famille installée, à la même époque, à l’autre bout du quai, et où il continue d’habiter.Au Rendez-vous des Mariniers est une promenade chaleureuse, insolite et fragmentée dans l’histoire littéraire de la première moitié du XXe siècle et dans celle de l’île Saint-Louis, pour ne pas dire de la France tout court. « Peut-être, à la réflexion, ne se souvient-on jamais mieux que de ce que l’on n’a pas vécu. Ce sont ces souvenirs-là, indirects, qui sont les plus formateurs – et, qui sait, les plus impudiques. » Né en 1944, Frédéric Vitoux est romancier, essayiste. Il a récemment publié, aux Editions Fayard, Clarisse, Grand Hôtel Nelson, Jours inquiets dans l’Ile-Saint-Louis, Voir Manet, Les Désengagés, et, en coédition avec les Editions Plon, Le Dictionnaire amoureux des chats.

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